Le rêve du renard

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mardi 15 mai 2012

Le bonheur prisonnier - Jean-François Chabas & David Sala

Lebonheurprisonnier.jpgCe conte s’inspire d’une ancienne croyance asiatique : pour garder le bonheur sur sa maison, il faut y enfermer un grillon. L’insecte est vénéré, prisonnier dans une cage aux barreaux d’or. Le jeune Liao connaît depuis toujours le rôle du grillon, sa grand-mère le lui a enseigné. Mais le lendemain de son septième anniversaire, il va découvrir que ce grillon peut lui parler. Ce dernier va le supplier de lui rendre sa liberté… Cruel dilemme pour le jeune garçon : faut-il garder le grillon pour protéger sa famille, au détriment du bonheur de l’animal ?

Dés que j’ai commencé à lire ce conte, ma première pensée a été : « oh tiens, c’est comme l’histoire de Mulan ! ». Mais passons, hem ^_^
Le texte est très simple, permettant que l’on s’imprègne très vite de l’histoire. Cela permet aussi d’évoquer simplement avec les jeunes lecteurs les questions philosophiques de bonheur et de liberté. Mais ce qui fait toute la force de cet album, ce sont les illustrations de David Sala. Des peintures colorées, tantôt dans des tons pastels, tantôt dans des tons flamboyants, aux détails soignés, nous transportent en Asie. Chaque peinture a un charme particulier, une ambiance qui lui est propre. Tellement que je ne sais même pas laquelle je préfère !
On ne peut que remarquer aussi l’inspiration évidente de tableaux de Klimt, en particulier pour les portraits, ajoutant un raffinement supplémentaire (et les illustrations n'en manquait déjà pas). La mise en page, très soignée, permet à des illustrations en filigrane de se prolonger d’une page à l’autre. Et comment ne pas succomber au charme de ce chat bleu, alter ego muet du jeune héros, se baladant sur les illustrations ?

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Asie, Klimt et chat, le tout avec de superbes illustrations… Tout y était pour me charmer. Cet album est un véritable coup de cœur. Et vous n’avez encore pas tout vu, puisque je vous parlerais aussi bientôt de La colère de Banshee, un autre album né du duo Chabas/Sala, s'inspirant du folklore irlandais, toujours avec des illustrations s'inspirant de Klimt, mais rehaussées d’or.

Les extraits d'images sont © David Sala - Éditions Casterman, 2011.
Ce livre a été chroniqué dans le cadre du challenge Je lis aussi des albums !

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dimanche 6 mai 2012

Le vaisseau qui chantait - Anne McCaffrey

vaisseau_chantait.jpgJ'ai fait un petit écart à ma lecture du cycle des Doués du moment, pour lire ce livre. Je l'ai lu il y a un moment quand j'étais ado, et j'ai profité du challenge pour compléter ma collection et l'acheter (pas facile de trouver les livres d'Anne McCaffrey en bon état d'ailleurs) (je suis très pointilleuse sur l'état de mes livres, mon côté bibliothécaire rigide sûrement ^_^)
Ce livre est découpé en 6 nouvelles, mais qui se suivent chronologiquement. Elles ont le même « personnage » principal : l’astronef Helva. Helva est le résultat d’un programme spatial utilisant une technologie avancée, qui adapte les enfants malformés dans une coquille, et les éduque afin qu’ils deviennent les cerveaux d’un certain type d’astronef. Après leur formation, les cerveaux des enfants sont raccordés aux circuits d’un astronef, qui deviendra leur nouveau corps. Leur cerveau commandera tout le vaisseau. Ils sont ensuite appariés avec un co-équipier humain, qui sera le « muscle » du vaisseau, dans une parfaite complémentarité.

Nous allons donc suivre Helva, rapidement au début pendant sa formation, puis plus longuement au cours de ses différentes missions comme astronef des Mondes Centraux. Ses différentes missions, sur différentes planètes, vont nous éclairer sur le caractère d'Helva et les particularités de ses fonctions. On accroche très rapidement à l’histoire et on se passionne pour le destin hors du commun d’Helva. Ce space opéra, mélange de fiction, de science et de psychologie est bien dosé. Certaines nouvelles sont plus difficiles à appréhender car McCaffrey utilise des concepts qui ne nous sont pas familiers. Mais c'est ça que j'aime beaucoup, car elle sait rester assez familière dans l'univers qu'elle nous décrit, avec une technologie qui reste souvent un peu limitée pour nous qui vivont au XXIème siècle (ce livre a été écrit entre 1961 et 1969), mais en introduisant des éléments nouveaux. Encore une fois, la façon qu'à McCaffrey de créer de nouveaux univers, de se renouveler, et à nous dépayser, m'étonne toujours.

L'idée développée ici, le fait que la société puisse utiliser les enfants malformés pour en faire les cerveaux de « super-astronefs » est intéressante. D’un certain côté c’est un peu malsain. A leur naissance, en découvrant leur apparence, on n’a laissé à leurs parents que le choix de les tuer ou bien de les faire intégrer ce programme spatial. Les enfants n’ont donc même pas eu le choix de leur destin. Ils sont conditionnés dès la naissance pour réaliser leur mission. Une fois opérationnels, ils vont intégrer leur vaisseau, cachés dans une coque de titane. Donc cachés aux yeux du monde. Comme si la vue de leurs corps, était un tabou insurmontable pour la société. Même si d’un autre côté c’est leur rendre service, en leur enlevant la douleur de vivre chaque jour dans un corps martyrisé, et dépendants. Cela leur ouvre des perspectives qu’ils n’auraient jamais eues, puisque leur cerveau, en pleine possession de ses moyens, est ainsi utile à la société.
Cette ambivalence est évoquée par Helva. Son cerveau pilote un astronef, lui permet d’aller d’univers en univers à une vitesse extraordinaire… pourquoi voudrait-elle être une simple « humaine » au vu de ce que son nouveau corps lui permet ? Au fur et à mesure qu’elle va acquérir de l’expérience, et se rendre compte que sa situation n’est pour autant pas toute rose. Elle garde des sentiments, comme une humaine normale, et à ce titre est faillible. Et c'est pour cela qu'on s'attache également autant à elle. Car même en étant un petit être malformé enfermé dans un tube de titane, elle a des précoccupations humaines. Elle s'attache à ses "muscles", va nouer une relation avec eux. Elle va réagir en femme jalouse, en colère, aimante... Elle va aimer la musique par dessus tout, l'opéra et le théâtre, ce qui lui vaudra son surnom de "vaisseau qui chantait".
Le revers de la médaille, c'est qu'Helva est un cyborg, mi-humain mi-machine. Pour beaucoup, elle n'est pas considérée comme humaine, c'est un monstre. Anne McCaffrey nous interroge donc, sur le statut des cyborgs et au delà sur l'humanité elle-même.

Tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimé ce livre, avec (encore) une héroïne féminine hors du commun, dans un univers bien construit et passionnant.

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samedi 5 mai 2012

Le bond vers l'infini - Anne McCaffrey

í^ionHop, suite du challenge ! Ce tome est une suite indirecte au Galop d’essai, dans le sens où on retrouve les mêmes éléments, mais les protagonistes ont changé. Le narrateur principal est Rhyssa op Owen, la petite fille de Daffyd, le second directeur en titre du centre parapsychique. Comme lui, elle est la directrice du Centre, et a à régler de nombreux problèmes…

Même si on suit principalement Rhyssa, McCaffrey maintient le suspens en nous faisant suivre deux autres personnages, des enfants, qui deviennent alors narrateurs : Tirla et Peter. On suit d'abord Peter, qui est un Doué très puissant, doté d’un pouvoir kinétique fonctionnant grâce à l’électricité. Le développement de ce don va lui permettre de surmonter son handicap : il était paraplégique suite à un accident, et la kinèse lui permet de se mouvoir normalement. Quant à Tirla, son pouvoir est encore nébuleux, mais on sait qu’elle a principalement le don de pouvoir parler pratiquement toutes les langues, en s’introduisant dans le centre du langage de son interlocuteur. Son personnage, en dehors de l’univers des Doués, nous permet de voir un autre aspect des choses. Elle nous montre que les villes sont surpeuplées, la population régulée, et que de grands ensembles d’hébergement ont vu le jour qui ressemblent plus à des jungles qu'à des cités... Seule la conquête spatiale permettra de régler les choses, en permettant la fondation de colonies. On se doute que ces deux personnages, dont les vies sont déroulées en parallèle à l’intrigue principale, puis qui se retrouvent à la fin du livre, sont sûrement des éléments clés pour la suite du cycle...

Et la conquête spatiale est d’ailleurs un sujet important du livre, puisque les Doués sont "réquisitionnés" pour construire la première plateforme spatiale. C'est l'occasion de revenir sur leur statut. La chef de projet, voit les Doués comme de simples manutentionnaires, voire des privilégiés complètement gâtés. Rhyssa a donc fort à faire pour protéger leurs intérêts et éviter que la réquisition pure et simple de Doués, sans égards pour leurs conditions de travail, ne devienne une habitude. Les balbutiements de ce développement est intéressant, et nous fait espérer des aventures spatiales pour les prochains tomes !

Comme d’habitude avec McCaffrey, une bonne dose de bons sentiments et même d’amour est présente. Les personnages qu’elle met en scène ici ont des personnalités assez tranchées : les gentils Doués d’un côté, et les méchants intolérants ou exploiteurs d’enfants d’un autre côté. Mais cela reste tout de même agréable à lire, on retrouve avec plaisir les Doués et l’évolution de leurs capacités. Ce tome est plus fluide et cohérent que le précédent, j'ai retrouvé le plaisir de lire la prose d'Anne McCaffrey !

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mercredi 25 avril 2012

Gregor : la prophétie du Gris - Suzanne Collins

gregor.jpgGregor, jeune garçon de 11 ans, vit à New York avec sa mère et ses sœurs. Un jour qu’il garde sa plus jeune sœur, il descend à la laverie de l’immeuble. La petite ne tenant pas en place, elle se glisse derrière les machines et trouve l’entrée d’un conduit dans lequel elle va basculer. Son frère la suivant, ils vont dégringoler pendant de très longues minutes dans un sombre boyau vertical. Ils vont se retrouver alors dans un monde qui n’a presque rien en commun avec celui qu’ils viennent juste de quitter : des insectes et des rats énormes le peuplent, ainsi que des humains à la peau diaphane montant des chauves-souris… Il va vite s’apercevoir qu’il ne peut pas retourner d’où il vient, et qu’il fait même l’objet d’une mystérieuse prophétie…

Suzanne Collins, l’auteur du phénomène Hunger Games, nous livre ici un roman résolument jeunesse (publié initialement en 2003 aux USA). Tout se déroule rapidement dans cette histoire, à l'image du basculement dans l’autre monde : juste le temps de tourner la page, et hop ! La narration est très classique, mais l’intrigue a quelques éléments dépaysants : un monde souterrain partagé entre plusieurs clans (humains, araignées, cafards, chauve-souris, rats...), plutôt bien construit avec ses règles et son mode de vie particulier. On apprend également pourquoi des humains se sont retrouvés sous terre, grâce à un monsieur nommé Sandwich ^^. Mais j’ai trouvé quelques lourdeurs qui ont fait que l’histoire ne m’a pas passionnée outre mesure. Les personnages ne sont pas très fouillés, le seul qui relève le niveau, c'est la petite soeur de Gregor, Moufle (c'est un surnom bien sûr ^^), qui grâce à son jeune âge et ses mimiques attendrissantes de bébé arrive à débloquer un certain nombre de situations. L’histoire est cependant bien menée, malgré quelques raccourcis un peu faciles. Cela plaira sûrement aux jeunes lecteurs en quête d’aventures ! C'est un premier tome, mais je ne pense pas lire la suite, les histoires de prophéties, je commence à saturer un peu ^_^

dimanche 22 avril 2012

Téméraire : La victoire des aigles - Naomi Novik

temeraire.jpgLes armées de Napoléon Bonaparte ont réussi à traverser la Manche, déjouant la flotte de Lord Nelson, et des dragons convergent chaque jour vers le sol anglais chargés de troupes. Le coeur de Londres occupé, le gouvernement et le roi sont obligés de fuir vers l'Ecosse. Téméraire a été démis de ses fonctions et mis à l'écart dans une ferme de reproduction, et son capitaine, Will Laurence, a été condamné à mort pour trahison. Ils vont cependant se retrouver et rallier les poches de résistance britannique, au milieu des combats.

Vu que je n'ai repris le blog avec sérieux que depuis peu, je n'ai que la chronique du premier tome de faite (et encore elle est succinte), donc il va y avoir un gros trou dans cette série ! La victoire des aigles est le 5ème tome d'une série qui devrait compter 9 livres au total (Naomi Novik en est à 7 pour l'instant).
Je retrouve à chaque fois Téméraire avec plaisir, avec ses idées larges de liberté, qui ne plaisent pas du tout au gouvernement et à l'armée anglaise. Un dragon qui réclame une solde et le respect qu'il est en droit d'attendre en tant que bête pensante... Inconcevable ! C'est l'aspect le plus intéressant de cette histoire. Les dragons, en tant que force aérienne du pays, sont indispensables. Ils sont de plus dotés d'un intellect égal voire supérieur pour certains, aux hommes. Et pourtant ils restent considérés comme du bétail, et traités comme tels. Téméraire, étant un Céleste, une espèce de dragon originaire de Chine traité là-bas comme l'égal de l'Empereur, aimerait bien que les choses changent en Angleterre. Après avoir vu ce dont étaient capables d'autres pays (et Napoléon semble s'y mettre également), Téméraire va commencer à expliquer ses idées aux autres dragons. Mais ses efforts sont pour l'instant davantage vus comme une sédition qu'une évolution normale par les humains ^^.
J'ai un peu plus de mal avec le personnage de Laurence, mais sa psychologie reste très cohérente. Le contexte historique des guerres napoléonienne est toujours aussi intéressant, d'autant plus qu'on a dans ce tome-ci un Napoléon inédit au niveau du contexte : il a réussi à envahir l'Angleterre.
Même si je trouve la série un poil longuette avec le temps (certains tomes en particulier), je trouve que Naomi Novik réussit à faire une série toujours très fouillée et structurée. Les évolutions psychologiques des personnages n'en sont que renforcées, puisque tout arrive de façon progressive, en accord avec l'histoire. Mais je reste tout de même sceptique sur les tomes suivants, parce que je n'ose pas imaginer les problèmes dans lesquels vont encore se fourrer Téméraire et son capitaine... Un peu ça va, mais à force, c'est peut-être trop. Même si leurs périples nous font visiter de nombreux pays au passage, et découvrir de nouvelles races de dragon (et ça, c'est plutôt chouette).

jeudi 19 avril 2012

Le galop d'essai - Anne McCaffrey

galop.jpgEt voilà ma première chronique pour le challenge Anne McCaffrey ! J'ai donc décidé de relire le cycle des Doués, et Shaya s'est jointe à moi en lecture commune. Cela me fait plaisir, parce que jusqu'à présent, je n'avais jamais pu partager mes impressions de lectures sur cet auteur ^_^
On va voir si on arrive à lire l'intégralité du cycle d'ici la fin du challenge ! Celui-ci se compose de 7 tomes (traduits), et en plus je les ai tous dans ma bibliothèque personnelle !

Henry Darow est un voyant plutôt doué. La preuve il a prédit sa propre mort. Un jour, il est grièvement blessé dans un accident de voiture. Les médecins ne donnent pas cher de sa vie, et pourtant ce n'est pas le jour prédit où Henry s'était vu mourir... Une infirmière, Molly, qui a un petit pouvoir de guérison, va l'exercer sur Darrow afin d'essayer de le sortir du coma où il est plongé. Par hasard, il était branché sur un électro-encéphalogramme très sensible, qui va enregistrer une activité anormale lorsque Molly va imposer ses mains sur lui. Exercer un pouvoir parapsychique dégagerait donc des ondes particulières qui sont détectables scientifiquement. Cet évènement va précipiter une idée qu’avait Darrow. Aidé de Molly, devenue sa femme, il va rassembler tous les « doués », qui depuis des centaines d’années vivent seuls, parfois rejetés, et souvent inconscient de leurs dons : télékinésie, précognition, ... Le projet de Darrow est altruiste : il souhaite que les doués s’unissent et que leurs dons servent au plus grand nombre. Mais ils vont se heurter à l'incompréhension, voire le rejet complet, des pouvoirs publics et de la société...

Je suis un peu déçue par ce premier tome. La traduction y est sûrement en partie pour quelque chose : le style est lourd et ampoulé (qu’est-ce que je regrette mon anglais hésitant pour ne pas lire en version originale !).
Mais certaines particularités dans la narration nous déstabilisent aussi un peu : le début du roman est raconté à la troisième personne, nous faisant rentrer dans l’histoire comme un spectateur. Deuxième particularité : il y a beaucoup de dialogues, mais alors, vraiment beaucoup ! Certains n’étaient pas franchement nécessaires à mon goût. Au niveau de l’histoire également, on saute d’un épisode à un autre, et même en début de roman, d’un personnage principal à un autre.
Tous ces aspects participent au fait que ce tome est une introduction au cycle. Il revient sur la création du centre qui réunit les Doués, le développement et la mutation des capacités psychiques, la difficile acceptation par la société, etc. A travers les différentes histoires et anecdotes qui nous sont racontées ici, on a tout l’historique des Doués, au début de leur existence et de la révélation de la véracité de ces pouvoirs particuliers au monde. D'où le titre du livre qui fait référence à la métaphore qu'utilise Darrow au début du livre : "chevaucher Pégase". Les dons ont souvent été latents, voire refoulés, ou utilisés à mauvais escient. Un don est comme Pégase, il est merveilleux, et si on le maîtrise mal, on peut s'écraser au sol. Il faut donc apprendre à le chevaucher... Le galop d'essai, représente tous les efforts que les doués vont déployer pour faire reconnaître et accepter leur statut.

Je pense donc que la suite sera plus intéressante, et selon les souvenirs que j’en garde, plus cohérente. Je décortiquerais peut-être un peu plus ce premier tome à la lumière de la lecture des tomes suivants ! A suivre !

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mardi 17 avril 2012

Petites lectures de bibliothèques n°2

Une nouvelle édition de mes lectures de bibliothèque ! ^_^ Sutout des contes, puisque c'est un peu beaucoup ce dont je m'occupe (je suis pas du tout partiale)

nian.jpgNian le terrible - Guillaume Olive, He Zhihong
Chaque année, le dernier soir de la douzième lune, un monstre terrifiant émergeait des profondeurs de l’océan, et rampait jusqu’à la berge. Il s’attaquait sauvagement au bétail et aux hommes, dévastant tout sur son passage. A l’approche de ce jour, les villageois fuyaient donc vers les montagnes. Jusqu’au jour où un vieil homme eu une idée pour faire fuir Nian le terrible : l’effrayer en faisant du bruit et du feu, deux composants que détestent les animaux. Fou de rage devant la lumière qui lui pique les yeux et terrorisé par le tapage des villageois, Nian se replia dans les abymes de l’océan. Et c’est depuis ce jour que « Nian » signifie année et que les chinois fêtent le nouvel an à grand renfort de lampions et de pétards.
Les illustrations de He Zhihong sont réalisées traditionnellement sur papier de riz, et nous transportent immédiatement dans une autre culture, en particulier graphique : les drapés des vêtements, la beauté fragile de la flore, les couleurs légères mais riches…

nuit_prince_grenouille.jpgLa nuit du prince grenouille - Annick Combier, Anne Romby
Je retrouve avec plaisir les illustrations d’Anne Romby, que j'avais beaucoup aimées déjà dans La Belle et la Bête ou Fleur de Cendre. Sur beau papier épais, des couleurs profondes et chatoyantes, des traits précis, des incrustations d’éléments naturels (pétales de fleurs…), illustrent magnifiquement ce conte. Il est ici question d’une légende balinaise, celle d’un prince transformé en grenouille. Des jours et de nuits passent, et son existence devient légende. Un jour, une jeune danseuse croise son regard dans le reflet d’une rivière, et ils tombent instantanément amoureux. La danseuse va exiger en gage d’amour qu’il retrouve sa forme humaine…
Une histoire classique, quoique bien rythmée et empreinte d’un exotisme certain grâce aux illustrations empreintes du folklore balinais.

le_panier.jpgLe panier - Jean Leroy
Il était une fois une sorcière laide et méchante, qui n’aimait rien ni personne. Mais un jour qu’elle était en train de cueillir des champignons empoisonnés, elle trouva un panier. Dans ce panier se trouvait un bébé, qui effrayé par l’aspect repoussant de la sorcière se mit aussitôt à hurler. Effrayée, la sorcière s’enfuit jusque chez elle. Au milieu de la nuit, pendant une terrible averse, la sorcière sent son cœur se serrer… seraient-ce des remords ? Un petit E très sympathique avec ses illustrations très contrastées en noir et blanc. J’aime beaucoup la sorcière aux doigts crochus, au nez pointu et aux dents manquantes en ombre chinoise. L’histoire est un conte de fée à l’envers, la méchante sorcière s’attendrissant finalement et sauvant l’enfant d’un ogre.

vendredi 13 avril 2012

Terrienne - Jean-Claude Mourlevat

terrienne.jpgIl y a un an, Anne Collodi a vu sa sœur Gabrielle disparaître, enlevée par l’homme qu’elle venait d’épouser. Des mois plus tard, Anne reçoit un message improbable : sa sœur l’appelle à l’aide. Elle décide alors de partir à sa recherche pour la ramener, coûte que coûte. Elle va découvrir une route, au bout de laquelle se trouve une faille immatérielle. Cette faille va la faire basculer dans un autre monde, « l’autre côté », peuplé d’humains froids et lisses, qui ne respirent pas… Anne va découvrir bien des choses, mais elle va prendre conscience d’une chose importante : l’essence de son humanité.

J’avais déjà lu un roman de Jean-Claude Mourlevat, Le chagrin du roi mort, mais celui-ci est davantage orienté ado et touche à la SF. J’en garde un bon souvenir de lecture, mais un souvenir teinté de doux-amer. Les sujets que Mourlevat aborde dans ce livre sont tour à tour angoissants, dérangeants,… Mais je vous rassure, il n’est pas non plus dénué d’une certaine beauté, ni de poésie. L’écriture est très agréable à lire, très fluide. Le rythme est assez rapide, sans temps mort, ce qui fait qu’on a du mal à lâcher le livre.
On ne peut qu’être touché par les sujets abordés dans ce livre. En comprenant en même temps qu’Anne, comment fonctionnent les humains de « l’autre côté », on s’interroge sur l’humanité. Car même si ces êtres nous ressemblent physiquement, ils ne font en fait que singer ce que nous sommes : ils ont un travail, ils vivent en couple, ont des enfants, mangent, prennent les transports en commun… Mais tout cela est fait de façon mécanique, sans sentiment, avec efficacité. La façon dont ces gens meurent reflète bien cela : ils meurent d’ennui. Lorsque la vie est devenue si ennuyeuse qu’ils ne réagissent plus à rien, ils s’assoient où ils se trouvent : dans la rue, dans un bus... Une brigade sanitaire vient alors les chercher pour les emmener je-ne-vous-dirais-pas-où (et cet endroit là mérite également une analyse, mais je ne veux pas spoiler !). Mais on se rend compte au final, que même si il manque à ce monde l’amour, la colère, le rire, l’empathie,… sur certains aspects, il n’est pas si éloigné du notre. Et c’est assez perturbant.
Un aspect qui m’a touché également, c’est la façon dont Mourlevat aborde la mort de personnages de l’histoire… Il n’y a pas de pathos, pas de préambule. Ce qu’il nous décrit, c'est la mort, atroce et brutale. On est comme sous le coup de l’onde de choc de cette mort, vécue par le personnage principal, qui n’a pas le temps de s’arrêter dessus, étant elle-même pressée par les évènements. C’est curieux et bizarre de le ressentir comme ça, mais cela ajoute indéniablement à l’angoisse et au déroulement rapide de l’histoire.
Au final je me rends compte que je n’ai parlé que d’aspects assez sombres, mais il y a également de l’amour et de l’espoir. Comme pour ce dont j’ai parlé un peu plus haut, Mourlevat traite ces sujets avec justesse.
L’univers qui est développé est assez cohérent, mais la fin du roman ne manque pas de nous interroger. On manque tout de même de détails sur cet univers froid et aseptisé, sur la façon dont celui est connecté avec notre monde, sur la façon dont ce monde a pris contact avec le notre, etc. Cela entretient le mystère, mais laisse également une fin ouverte.

Une petite citation pour finir, qui m'a beaucoup touchée dans le contexte du livre. Cela nous permet aussi de nous recentrer sur les choses importantes, ce qui nous raccroche au bonheur, l'aspect positifs des choses malgré tout ce qui peut arriver :
Je suis amoureuse de cette Terre sur laquelle j'ai mes pieds. Je l'aime avec tous ses défauts, toutes ses tares. Je l'aime à cause de ça. J'aime le trop froid et le trop chaud, la pluie, la boue, les embouteillages, les examens ratés, les cartes postales moches, les mensonges, les larmes, les blessures et la mort. J'aime ce qui manque et ce qui dépasse, j'aime le trop et le pas assez, je veux me brûler aux orties et aux casseroles, ça ne me dérange pas, je veux bien égarer mes clés, avoir mal à la tête, être trompée (pas par Bran), être bousculée. Mais je prends aussi les bonnes choses. Je veux être caressée, je veux manger des banana split, je veux écouter de la bonne musique, recevoir des lettres, voir naître des bébés, faire la sieste, aller à Venise... je veux faire entrer l'air dans mes poumons, ... je veux respirer.

jeudi 12 avril 2012

Loreena McKennitt Celtic Footprints Tour

Le 6 avril, je suis montée à la Capitale, afin d’aller voir Loreena McKennitt, une de mes chanteuses favorites, qui interprète de la musique celtique. Pour cette grande occasion, mon amie Guixx, la libraire fantastique m’accompagnait !
J’ai découvert cette artiste il y a un bon moment, quand je me suis découvert une passion pour les civilisations celtiques. Je suis instantanément tombée sous le charme… Je rêvais depuis longtemps de la voir en vrai, alors quand j’ai appris qu’elle ne ferait qu’une seule et unique date à Paris, je me suis ruée dessus, et je ne regrette pas mon périple parisien, malgré mon agoraphobie surdéveloppée et incurable ^_^
Le concert a dépassé toutes mes espérances, c’était vraiment magique. La voix de Loreena est encore plus impressionnante en vrai qu’en CD. Dés les premières notes j’ai eu des frissons partout, et dés que sa voix a commencé a chanter Bonny Portmore (Highlander !), j’étais déjà très loin. Les musiciens qui l’accompagnaient étaient aussi extraordinaires. J’ai littéralement pleuré sur un certain nombre de chansons, en particulier lorsqu’elle a clos le concert sur The Old Ways, ma chanson favorite. Bref, un moment vraiment intense de groupissage !
Le meilleur concert de ma vie, même si je n’ai pas beaucoup de comparaisons en la matière !
J'écoute beaucoup ses cds quand je bouquine, et c'était particulièrement adapté lors de mes lectures des livres de Juliet Marillier (Soeur des cygnes...).

mercredi 11 avril 2012

Le royaume de Kensuké - Michael Morpurgo


kensuke.jpgMichael 11 ans, vit en Angleterre avec ses parents et leur chien, Stella Artois. Ils vivent une vie confortable, passant une grande partie de leur temps libre à s’adonner à la voile sur un lac artificiel. Mais le jour où les parents de Michael perdent leur travail, ce passe-temps va devenir leur avenir. Ils font le pari fou de faire le tour du monde sur un voilier, tous les quatre. Le voyage se passe pour le mieux, jusqu’à ce qu’une terrible tempête fasse tomber par-dessus bord Michael et sa chienne. Ils échouent alors sur une île déserte au beau milieu de nulle part. Angoissé, affamé et assoiffé, Michael va rapidement se décourager. Mais à son réveil le lendemain, de l’eau et de la nourriture l’attendent à l’entrée de la grotte où il avait trouvé refuge…

Ce livre commence comme un journal. Michael, de nombreuses années plus tard, reprend le journal de bord qu’il avait commencé à écrire pendant le tour du monde, afin de se souvenir de ce merveilleux voyage. La raison qui l’a incité à reprendre ce récit, c’est la promesse qu’il a faite à Kensuké, l’homme qu’il a rencontré sur l’île… Il lui avait promis de ne révéler son existence qu’au moins dix ans après leur rencontre, afin qu’il puisse terminer sa vie tranquillement… A travers son récit, Michael va donc retracer son voyage, son naufrage et sa rencontre avec ce curieux personnage.
Kensuké est en fait un médecin japonais, seul rescapé d'un bateau bombardé pendant la seconde guerre mondiale. Il a préféré s’exiler volontairement sur l’île, persuadé que la bombe atomique qui a détruit Nagasaki, a tué sa femme et son fils. Il se sent de plus utile sur l’île, où il a noué des liens avec les orangs-outans, qu’il protége des chasseurs peu scrupuleux.
Ce qui fait toute la force de ce récit, Robinson Crusoé des temps modernes, c’est la relation qui va s’installer entre le jeune garçon et le vieil homme. D’abord houleuse et tumultueuse, leur amitié va devenir une relation père/fils. On suit pas à pas leur apprentissage pour se comprendre, d’abord par gestes, puis en anglais, que Michael va enseigner au vieil homme. Puis l’ancien va initier le plus jeune aux techniques de survie, à la pêche, à la peinture… Mais malgré l’amitié de Kensuké, Michael sera toujours tiraillé par l’envie de revoir ses parents et de retrouver le monde. Mais il va devoir faire preuve de patience…

Le roman est illustré par François Place (qui illustre un certain nombre de romans jeunesse, comme Tobie Lolness… je prévois de vous parler prochainement de ses travaux !). J’aime beaucoup sa « patte » : des dessins fins, réalistes et très détaillés, dans des couleurs vivantes et fraîches. Elles illustrent à merveille ce petit roman, qui parle d’amitié et bonheurs simples.

vendredi 30 mars 2012

Béhémoth - Scott Westerfeld

behemoth.jpg On reprend l’histoire là où on l’avait laissée dans le premier tome. Le Léviathan poursuit son voyage vers Istanbul, afin de livrer sa mystérieuse cargaison d’œufs…

Autant Léviathan était plutôt poussif au niveau du déroulement de l’histoire, autant avec Béhémoth, on ne s’ennuie pas une seconde ! Deryn et Alek vont être pris dans une spirale d’évènements qui s’enchaînent. L’action se passant à Istanbul pour la plus grande partie du roman, on est agréablement dépaysé. Cette ville cosmopolite, avec ses marchés d’épices, son Orient express, ses mécanopodes représentant les divinités des différentes minorités… est très divertissante ! Westerfeld développe en plus un fond historique et politique très intéressant qui déroule sa trame dans l’histoire. La ville est envahie par les allemands, qui insallent de nombreuses machineries clankers. Les darwinistes n'y sont donc pas bien vus... Mais Istanbul est une ville stratégique, pour les allemands comme pour les anglais… Flatter le Sultan ottoman pour s’attirer ses faveurs est donc primordial. C’est sans compter sur une révolte qui gronde dans les quartiers de la ville, afin de renverser le régime et établir un parlement…

C'est dans cette ambiance que l'on va voir évoluer nos deux personnages principaux, Deryn/Dylan et Aleksandar. On retrouve une Deryn toujours aussi débrouillarde. Elle effectue un certain nombre de choses sans avoir froid aux yeux, elle est impressionnante (ah le sauvetage du mécanopode-éléphant à grand renfort de paprika !). Il lui faut bien ça pour contrebalancer ses sentiments de plus en plus en confus envers le jeune prince… Et surtout pour donner le change pour garder secret sa véritable identité. Elle a de plus en plus de mal à la cacher, puisque certains l’ont déjà deviné (dont des ptites bêtes très perspicaces qui m’ont beaucoup fait rigoler ! « Monsieur Sharp ! »). Quant à Alek, il prend enfin son avenir en main, et prend ses propres décisions. Il est du coup beaucoup moins énervant que dans le premier tome, cessant enfin de se lamenter et de suivre bêtement ce qu’on lui ordonne. Les deux personnages prennent donc de l’épaisseur, et c’est bien agréable de les suivre dans leurs développement de personnalité respective. Une romance est peut-être à prévoir, à moins que môseiur Westerfeld ait envie de partir dans une autre direction...

On retrouve avec plaisir les superbes illustrations très détaillées et fouillées de Keith Thompson, qui nourrit notre imagination et notre compréhension de l’histoire. Les mécanopodes orientaux ne nous paraîtraient pas si impressionnants sans elles ! (et le Béhémoth non plus d’ailleurs, brrr !).

L’auteur, comme pour le premier tome ajoute une postface très intéressante sur le contexte historique, nous permettant de nous rafraîchir la mémoire ^^. C’est aussi l’occasion pour lui de faire le point et de nous dire dans quelle mesure il a apporté des modifications à l’Histoire.

Avec un deuxième tome aussi plaisant, on ne peut que vouloir lire le troisième le plus vite possible, surtout que la fin de Béhémoth nous laisse présager de jolies découvertes... Mais Goliath n’est prévu qu’en septembre ! Patience...

D'autes avis sur Béhémoth : Anudar, Endea, Spocky, Vert

mercredi 28 mars 2012

Le Yark - Bertand Santini & Laurent Gapaillard

yark.jpg Ce que vous devez savoir sur le Yark, c’est qu’il adore les enfants. Et pour tout vous dire, il les aime à toutes les sauces. Car le Yark est un monstre ! Un ogre poilu de 6 mètres avec une gueule énoooorme. Mais le Yark a une petite faiblesse digestive : « son ventre délicat ne tolère que la chair d’enfants sages, un peu comme les vieux, qui avec l’âge, ne digèrent plus que le potage ». Les autres, les sadiques, les menteurs et les chenapans, le rendent malade : pustules, flatulences… On le plaindrait presque tant il est dur à notre époque de trouver un repas comestible, les enfants sages sont devenus si rares… Il n’avait pas de tels problèmes à l’époque, où une simple chemise de nuit de grand-mère suffisait pour faire un véritable festin ! Mais rassurez-vous, ses habitudes alimentaires vont peut-être changer au contact de Madeleine, une fillette douce et solitaire…

Ce petit roman illustré est génial. La plume de Bertrand Santini, à la fois impertinente et drôle, se lit toute seule. Il fait rimer les mots, cela en devient presque poétique (parce qu’on en oublie pas que le propos, c’est de manger des enfants tout de même) (mais c’est tellement rigolo huhu). Bref, un humour noir et croustillant (comme les os d’un enfant sous les dents d’un Yark !).
Les illustrations en noir et blanc, façon gravures, qui accompagnent l’histoire sont très réussies, et nous laissent voir dans toute sa splendeur le fameux Yark. Enorme coup de cœur pour l’avant-dernière, trop tordante, du grand Yark avec ses poils hirsutes, ses longues dents, ses ailes de chauve-souris, tenant une toute petite épuisette dans ses grandes paluches. A lire à tout âge ! (peut-être pas en dessous de 8/10 ans, faudrait pas qu’ils fassent des cauchemars).

dimanche 25 mars 2012

Demain les chiens - Clifford D. Simak

demain_les_chiens.jpgLa présente édition propose pour la première fois a nous autres chiens, du monde entier, huit récits hautement symboliques qui, depuis des millénaires, sont l’objet de débats au sein de notre société. Leur origine même est un mystère. Que faut-il voir a travers la figure emblématique de « l’Homme » ? Que recouvrent des concepts aussi étrangers à notre culture que ceux de « cité » ou de « noyage dans les étoiles » ? Quoi qu’il en soit, il est indéniable que la transmission de ces récits aura marqué de son empreinte notre civilisation canine. Il nous a donc semblé indispensable de coucher enfin par écrit la tradition orale. Mythe ou réalité, la question reste entière. Dans sa sagesse, le lecteur tranchera. (présentation de l'éditeur).

J'ai lu ce livre il y a environ un mois, pour la lecture commune du Cercle d'Atuan du mois de février, donc mes impressions de lecture se sont peut-être un peu estompées... Mais si j'ai tant tardé à en parler, c'est parce que ce n'est pas facile !
En commençant la lecture, ce qui marque au premier abord, c'est le style un peu vieillot. Mais bon, avec un texte qui date de 1944, il fallait s'y attendre un peu ! Mais ce n'est pas gênant, je trouve que ça donne un côté désuet qui renforce l'aspect étrange de ces contes. L'autre trait marquant tient plus de la forme : au début de chaque conte se trouvent quelques pages de commentaires purement canins. Ces pages de commentaires sont l'occasion pour les penseurs de la communauté des chiens, d'émettre des hypothèses et de débattre sur le sujet du conte. J'ai trouvé ça vraiment intéressant. Pour eux, l'Homme est un mythe, il n'a jamais existé, et ils hésitent beaucoup sur la signification de sa présence dans les contes. Cela nous paraît, à nous lecteurs, très cocasse, puisque justement en tant qu'homme et lisant ces contes mettant en scène des hommes, on ne peut s'empêcher de se demander comment ils en sont arrivés là. Car on va apprendre que les hommes sont à l’origine de l'amélioration de la race des chiens, les transformant en bêtes pensantes et parlantes. Comment ont-ils pu oublier à ce point leurs créateurs? Et pourquoi ces derniers ne vivent-ils plus avec eux? Mais cela on ne le saura qu'à la toute fin...
Les contes se suivent en fait de façon chronologique. Il peut y avoir des centaines ou des milliers d'années d'écart entre chaque. Mais il y a tout de même un fil conducteur. On suit l'évolution d'une famille humaine, les Webster, qui sera à l’origine par ses actions, ses non-actions et en parallèle avec l'évolution de la société humaine, à la création de la race améliorée des chiens. J'ai préféré lire les premiers contes, que je trouvais moins abstraits peut-être, et ce sont surtout les derniers contes, ceux qui concernent les chiens exclusivement, où j'ai eu le plus de mal à me concentrer et apprécier ma lecture...

Même si l'on peut s'interroger sur certains concepts développés par les humains au fil des siècles (que je ne dévoilerais pas pour garder du suspens aux futurs lecteurs... un conte en particulier est très surprenant), et par les extrapolations scientifiques (qui peuvent nous sembler irréalisables aujourd'hui... mais encore une fois il faut remettre les choses dans le contexte d'écriture de ce livre) contées ici par Simak, cela reste une lecture intéressante. Le concept est sympathique et nous pousse indéniablement à réfléchir.

Avis des autres atuaniens : Endea, Olya, Rose, Spocky et Vert.

jeudi 22 mars 2012

Challenge Anne McCaffrey

challenge_mccaffrey.jpg

Quand j'ai vu qu'un challenge Anne McCaffrey venait de voir le jour, je n'ai pu que sauter sur l'occasion. C'est quand même un de mes auteurs fétiches que j'aime d'amour (mon tout premier livre de SF/fantasy acheté a été l'Aube des dragons... ah souvenirs...). Et elle n'était pas si loin la période où j'écumais les bouquinistes et les librairies d'occasion pour acheter tous ses livres, dont beaucoup sont épuisés...

L'initiative vient du blog Traqueur stellaire. Il s'agit en gros (je vous laisse lire en détail les modalités de participation sur son blog), de lire des oeuvres d'Anne McCaffrey et de les chroniquer, cela pendant une période de 5 mois, qui va du 31 mars au 31 août.
Etant donné que j'ai relu déjà des dizaines de fois la Ballade de Pern, je pense que mon choix va aller vers le cycle du Vol de Pégase, que je n'ai lu qu'une fois, et il y a très très longtemps... J'en ai gardé un très bon souvenir, mais ça ne sera pas du luxe de faire un petit billet pour chaque bouquin du cycle.

C'est pas que ce soit très sérieux avec tout ce que j'ai à lire en boulot ou en perso, mais bon, il faut bien se faire plaisir aussi de temps en temps ^_^
Au fait, j'ai fait dans le menu de droite du blog une page récapitulative de mes différents challenges en cours (très peu, mais ça va sûrement évoluer !).

mercredi 21 mars 2012

L’héritage des Fels - Steven Knight

fels.jpgToby, jeune garçon tétraplégique, est élevé dans un couvent à Londres. Celui-ci n’a aucun contact avec le monde extérieur, si ce n’est avec la sœur Mary qui s’occupe de lui, et un chat qu’il retrouve étonnamment dans ses rêves pour vivre de folles aventures. Mais un jour de pleine lune, le chat va se transformer sous ses yeux en jeune garçon, et le délivrer de sa maladie. A des milliers de kilomètres de là, Emma, jeune africaine, essaie de survivre entre la famine et la guerre. Elle va se retrouver entraînée en même temps que Toby dans une curieuse équipée vers l’Islande. Car sous les glaces du Nord, se cache en fait le royaume des Fels… Les deux enfants qui n’ont pourtant rien en commun vont alors se découvrir un curieux héritage : ils sont les deux derniers descendants du défunt roi des Fels. Embarqués dans une aventure qui les dépasse, ils vont représenter l’espoir de tout un peuple.
De bonnes surprises pour ce petit roman jeunesse fantastique très dépaysant !
On plonge peu à peu dans l’intrigue au fur et à mesure que les éléments de fantastique se mettent en place. On en sait autant que les personnages au début (c'est-à-dire rien), ce qui est laisse planer un suspens intéressant. On découvre ainsi en même temps qu’eux le monde des Fels, et partageons leur ravissement. Ce pays rustique qui ressemble à l’Islande, avec ses landes, ses montagnes de glaces, ses geysers d’eau bouillonnante, ses chevaux sauvages, ses forêts magiques… est vraiment très bien dépeint (en même temps, moi, dés qu’on me parle de Grand Nord, je suis conquise d’avance ^_^).
On se familiarise également avec l’histoire de ce curieux peuple, leurs coutumes et leur magie (et l’or qu’ils mettent partout). On découvre également rapidement la capacité qu’ont les Fels à se métamorphoser en animal, en fonction de leur nom de clan (Wolfkin en loup, etc), qui est vraiment fascinante. Elle est utilisée à bon escient et apporte une vraie valeur ajoutée. Mention spéciale pour Egil, d’essence féline, jeune Fel complètement délirant, qui garde des automatismes de ses transformations en chat (nœud d’air !).

On suit l’évolution des personnages, au fur et à mesure de leur curieux apprentissage pour devenir des Fels. Et on découvre ainsi petit à petit leur caractère. D’un côté Toby, qui apprend à vivre après des années coupé du monde, et de l’autre Emma, courageuse en franche, avec un caractère très volontaire, qui contrebalance celui de son « demi-frère ». L’action est assez rapide, donc on a pas vraiment le temps de s’attacher à eux. Leur caractère n’est pas très fouillé, même si l’évocation de souvenirs marquants de l’un comme de l’autre, nous rapproche d’eux émotionnellement.
Les évènements s’enchaînent donc rapidement, et sont bien menés. J’ai même été agréablement surprise par certains rebondissements, pas du tout prévisibles.
Un bémol cependant, l’épilogue du livre m’a laissée un peu perplexe … L’histoire se finit, et puis pouf, l’auteur nous balance une fin ouverte complètement inattendue. Je ne suis pas vraiment convaincue, et c’est même un peu triste de finir comme ça.

lundi 19 mars 2012

Les enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel

ambremer.jpg Paris, 1909. En ce temps-là, la capitale vit en harmonie avec l'OutreMonde, le pays des fées, et sa capitale : Ambremer. Se situant à seulement 20 minutes en train, il est donc normal de voir des gnomes se promener dans les rues, des chats-ailés discuter de philosophie et des ondines se baigner dans des fontaines... Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan et bricoleur à ses heures, pour rendre service à une amie, va emprunter un livre à la bibliothèque d'Ambremer. Il est loin de se douter de l'enchaînement de faits que cela va entraîner... Entre trafic d'objets magiques et poursuites avec des gargouilles maléfiques, un terrible secret est sur le point d'être découvert.

J'ai beaucoup aimé me promener dans cet univers féérique créée par Pierre Pevel : licornes, dryades, dragons... tout y est ! Il emprunte à diverses mythologies pour construire un ensemble qui nous transporte immédiatement et nous semble presque réel. Il faut dire que de nombreuses références à la littérature française (Dumas, Leroux, Leblanc,...) truffent le roman, ce qui nous rend le style familier. Le Paris merveilleux qu'il reconstitue, situé à la belle époque, avec ses femmes habillées de dentelles, ses soirées au théâtre, ses promenades sur les grands boulevards, ... renforcent par leur côté plus historique cet aspect familier. J'ai beaucoup apprécié ces descriptions, et j'en aurais bien lu davantage ! En particulier sur Ambremer, que Pevel évoque beaucoup plus brièvement.

Passé le temps de la mise en place de l'histoire et des personnages, on est complètement embarqués dans une suite d'événements rocambolesques. L'intrigue est vraiment bien menée, les héros se retrouvant peu à peu embarqués malgré eux dans des situations qu'ils n'avaient pas imaginées. Il n'y a pas de temps morts, et les dialogues pleins d'humour sont également là pour rythmer le tout. On ne s'ennuie pas !

Mais même si j'ai beaucoup aimé suivre les personnages, en particulier Griffont, on ne s'attache pas réellement à eux. Le personnage de la baronne de Saint-Gil, compagne du mage, m'a même parfois ennuyé. La fin également est prévisible, et clôt un peu vite le roman. En bref, je dirais que ce roman est un bon divertissement, et une bonne introduction au merveilleux pour un lecteur de fantasy novice.

(Je n'aime pas vraiment Paris, mais dans ce monde-là, ce serait avec plaisir que je m’assiérais à l'ombre d'un saule savant pour bouquiner ^_^ (livre que j'aurais emprunté à la bibliothèque d'Ambremer, avec l'aimable accord du Conservateur, dragon de son état !))

mercredi 14 mars 2012

Chroniques du pays des mères - Elisabeth Vonarburg

chroniques_meres.jpg Le pays des Mères est une Terre dévastée, suite à un cataclysme provoqué par les hommes et qui les a pratiquement éradiqués. De nombreux territoires restent pollués et inhabitables. Cette catastrophe a également eu des conséquence sur l’espèce humaine, puisqu'il naît plus de filles que de garçons. Le Pays des Mères est donc une organisation très féminisée. Le pays est divisé en familles, dans lesquelles une femme représente l'autorité : la Mère. Lisbeï est la première fille de la Mère de Béthély et en tant que telle, elle est vouée à lui succéder en tant que Mère. Mais en grandissant, celle-ci se révèle stérile, et ne peut donc pas lui succéder. C'est sa sœur Tula, avec qui elle partage un lien très fort, qui va prendre sa place. Son avenir balayé, elle doit donc quitter Béthély, et Tula. Passionnée par l'histoire, elle devient exploratrice, et fouille les lieux vestiges du passé. Ses découvertes vont remettre beaucoup de choses en question, et elle va devoir se battre pour essayer de les faire accepter...

Ce livre était la lecture commune du Cercle d'Atuan pour le mois de janvier, mais j'avais un programme trop chargé pour participer. Mais j'en ai lu tellement de bonnes choses (et les messages subliminaux de Vert y sont aussi sûrement pour quelque chose ^^), que je l'ai acheté, et lu après les autres membres. Et j'ai adoré ma lecture ! Mais tout en lisant, je me demandais "comment je vais chroniquer ça?" (la question est surtout, en combien de temps? xD au moins 2 heures !). C'est un livre vraiment dense, sur le plan du fond comme de la forme ! Je vais essayer de décrire mes impressions de lecture mais elles ne seront sûrement pas à la hauteur.

La narration est très particulière. On a le récit de Lisbeï à la troisième personne, intercalé de lettres et d'extrait de journal personnel. Cela nous permet d'apprendre beaucoup de choses en parallèle du récit, puisqu'il permet de revenir sur des évènements passés, sur les impressions et le réflexions que Lisbeï ne confie qu'à son journal. Toute la narration est d'ailleurs dans le même style, dans un va-et-vient de passé et de futur. On connaît donc parfois des éléments avant même qu'ils ne se soient passés, et nous donnent ainsi un éclairage nouveau. C'est un peu perturbant au début, mais quand on arrive à s'y faire, c'est au final un style agréable à lire (même s'il m'arrivait de retourner en arrière pour vérifier les dates ^^). L'autre particularité est que le féminin domine également dans les accords : on dit chevale, enfante, ... et on dit "elles" pour un groupe même si un homme est présent. Cela renforce cette impression d'être immergé dans un monde féminin.

De nombreux thèmes sont développés dans ce livre. Le premier et le plus marquant est la hiérarchisation. Seules les Mères des familles sont autorisées à procréer directement avec les hommes. Les autres femmes sont tributaires de l'insémination artificielle. La perpétuation de l’espèce humaine est au centre de toutes les préoccupations, et organise même la vie de tous. Les femmes sont des Vertes de leur enfance à leur adolescence, des Rouges lorsqu'elles sont en âge de porter des enfants, et des Bleues lorsqu'elles ne sont plus fertiles (c'est également la couleur des femmes stériles, comme Lisbeï). Les Rouges doivent porter des enfants tous les deux ans. Les hommes quant à eux sont mis à l'écart au début de leur adolescence, pour les préparer à leur vie de reproducteur. Lorsqu'ils sont des Rouges, ils sont en période de Service, et vont de famille en famille afin de faire des enfants avec la Mère. Ils ne sont pas libres de leurs choix, ils sont Choisis par une famille en fonction de leur lignée, de leur ascendance. Ils sont considérés un peu comme du bétail...

On découvre petit à petit l'histoire du Pays des Mères, et ce qui a mené à l'organisation présente. Au lendemain du cataclysme qui a bouleversé le monde, celle-ci a été prétexte pour les hommes à asservir les femmes : c'était le temps des Harems. Puis les femmes se sont révoltées, et les rôles se sont inversés, et ce fut le temps des Ruches. Celles-ci ont également disparu au profit du Pays des Mères, beaucoup moins violent et équitable que son prédécesseur. On découvre donc ce passé avec lequel doivent vivre les familles aujourd'hui, avec quelques résurgences. Certaines femmes ont également choisi comme "carrière" de faire des fouilles archéologiques, afin de retrouver des lieux préservés du cataclysme. On retrouve ainsi des lieux, des salles enfouies, dont elles ne savent plus à quoi ils servent, mais également des objets, des œuvres d'art et des livres. Car avec le cataclysme, beaucoup de choses ont disparu, comme le savoir acquis il y a longtemps dans tous les domaines : technique, médical,.. qu'elles cherchent à recouvrer. Cela donne lieu a beaucoup de situations de découvertes que l'on vit; nous lecteurs, en spectateurs. On reconnaît certains objets et leurs utilités, alors que les protagonistes elles n'en ont pas la moindre idée. C'est assez sympathique !

L'aspect historique se double d'un aspect religieux très fort. La figure divine que vénère le Pays des Mères, Elli, régit le quotidien de toutes et tous. Les familles suivent Sa Parole en toutes choses. Mais comme on le découvrira avec Lisbeï, des découvertes vont remettre en cause certains aspects de la religion. On découvre en effet le personnage de Garde, une femme qui a amené au soulèvement au temps des Ruches, et qui est considérée comme la fille d'Elli, celle qui a amené Sa Parole . On ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement avec la religion chrétienne, avec Dieu d'une part (Elli) et Jésus (Garde) qui a porté sa parole et la foi aux hommes. Version féminisée là encore ! Mais je ne vous en dévoile pas trop sur ce sujet, c'est un des éléments clé de l'histoire.

Je me rend compte que j'ai beaucoup parlé de ce que contient ce livre, excepté une chose très importante : le personnage principal. On s'attache énormément à Lisbeï. On s'identifie pratiquement à elle, puisque nous partageons ses pensées, ses doutes, ses découvertes... On suit toute son évolution psychologique, de son enfance à sa vie d'adulte, ses progrès dans la compréhension du monde et des relations sociales, choses pour lesquelles elle n'était pas prédisposée. Il y a également une foule de personnages secondaires, qui seront également très attachants, et font toute la force de livre. C'est aussi grâce à eux que Lisbeï se construit. Il y a énormément de passages très émouvants dans ce livre, et j'ai souvent eu la larme à l’œil.

Ça a été une lecture très enrichissante. Cet univers très hiérarchisé nous interroge, on se pose des questions sur les relations entre hommes et femmes, leur statut, et l'égalité. L'aspect religieux/mystique est également très intéressant, surtout quand il est confronté aux recherches archéologiques. On voit les évolutions des croyances, la capacité qu'ont les familles de remettre plus ou moins en question ce qu'elles savaient de leur religion, et en accepter de nouveaux aspects. Et il y a également ces questionnements autour de l'amour et de l'amitié, entre femmes, entre hommes et femmes... Bref, il y a énormément de choses sur lesquelles je me suis arrêtée, sur lesquelles je me suis interrogée. Mais ça va être impossible de parler de tout en un seul article, et puis je pense qu'il vaut mieux en faire l'expérience soi-même, et voir ce que la lecture de ce livre évoque en nous. C'est un livre qui laisse des traces en tout cas.
Je pense que relirais ce livre dans un an ou deux, car je pense que pas mal de choses m'ont échappées. Et maintenant que je me suis habituée au style et à l'orthographe particulière, je pourrais mieux l'apprécier.

Lire les avis des autres Atuaniens : Neph, Olya, Tortoise, Vert, Zahlya.

mercredi 7 mars 2012

L'envol du dragon - Jeanne-A Debats

envoldudragon.jpgValentin, 9 ans, n'a plus que 3 mois à vivre. Le cancer qui le ronge depuis plus d'un an est en phase terminale. Il passe donc le temps qu'il lui reste à vivre chez lui, avec son père. Les seules visites qu'il reçoit sont celles de l'infirmière en blouse rose trop pleine de sollicitude dont il se passerait bien (de l'infirmière comme de la sollicitude). Le seul moyen de s'évader de sa douleur est un jeu de réalité augmentée, auquel il se connecte par le biais d'une puce implantée dans sa nuque. Il devient alors Val6, un jeune dragon qui apprend à voler, sous l'égide de Mentor7, un vieux dragon expérimenté.

Dés les premières pages, on partage le quotidien de Valentin, sa maladie qui le handicape sérieusement et le cloue au lit, et sa solitude. A quoi bon essayer de renouer avec ses anciens amis quand il reste si peu de temps devant soi? C'est si illusoire finalement. Il a réussi à trouver le peu de réconfort possible en se sentant devenir un dragon, partageant les sensations de l'animal, de son avatar. Son but avant de mourir, son objectif qui l'aide à tenir encore, est de réussir à voler. Et se sentir libre enfin, libéré de la douleur qui l'entrave depuis longtemps. Le livre alterne des chapitres où Valentin se trouve dans son lit, et ceux où il partage les sensations de son avatar. On se sent ainsi vivre en même temps que lui, nous impliquant dans l'histoire.

J'ai fini ces 40 petites pages avec la larme à l’œil. Je ne vous raconte pas la fin, vraiment poignante et magnifique, mais les deux dernières pages nous mettent la sensibilité à fleur de peau. Un vrai coup de cœur au sens propre comme au sens figuré.

Je suis d'habitude assez réfractaire à ces livres de littérature jeunesse qui abordent des sujets sombres : le deuil, la maladie, ... Il y a bien assez du monde réel pour se plomber le moral, alors en plus lire sur ces sujets ! Mais il est vrai que ces livres apportent une réflexion, nous apportent même parfois des réponses, quand ils sont bien faits comme celui-là.

mercredi 29 février 2012

Bride stories - Kaoru Mori

bride_stories.jpg Comme je l’évoquais dans mon précédent billet, les lectures professionnelles peuvent souvent bouleverser mon programme de lectures personnelles. Alors que j’ai 3 livres en cours de lecture, je ne me voyais pas commencer autre chose avant d’en avoir fini au moins un (je ne suis pas satisfaite lorsque je lis une seul livre à la fois, il m’en faut plusieurs pour alterner !) (et puis il m’en faut un pour les transports en commun, un pour lire le soir dans mon lit, un pour le reste du temps…) (mais je m’éloigne du sujet). Bref, quand mes collègues ont commencé à parler passionnément d’une série de mangas qu’elles venaient de recevoir… Il a bien fallu que je me fasse une idée ! Et je n’ai pas regretté ce petit écart.

Je voudrais donc vous parler de Bride stories, de Kaoru Mori...
Au XIXème siècle dans les montagnes et les steppes de l’Asie Centrale, sur la route de la Soie, la vie d’Amir est bouleversée. La jeune fille de 20 ans est envoyée dans un clan voisin pour y être mariée. Elle rencontre alors Karluk, son futur époux, de 8 ans son cadet…

Ce qui attire l’œil au début, ce sont les magnifiques dessins qui illustrent cette histoire. Les traits sont fins, délicats, et rendent avec grâce les costumes traditionnels aux riches motifs des femmes, les ornements sculptés des portes et des fenêtres, la beauté sauvage des steppes… Tout est beau dans ce manga, c’est un émerveillement à chaque page ! Le dépaysement est total, c’est un vrai ravissement de découvrir la vie de ces peuples, avec leurs mœurs si particulières, à travers un dessin puissamment évocateur.
C’est ensuite au tour de l’histoire, simple et touchante, de nous conquérir. On découvre la vie d’Amir dans sa nouvelle famille, entre tâches de tous les jours, tir à l’arc, chevauchées dans les steppes, broderie… On est surpris au début par ce couple dont la différence d’âge est frappante, mais la relation qui s’installe peu à peu entre eux, est vraiment tendre. On sourit aux scènes d’Amir pleine de bonne volonté, avec ses élans affectueux qui mettent à rude épreuve la timidité de Karluk.
Mais il n’y a pas que cela. Au fur et à mesure se dessine un contexte historique plus vaste. Entre les conflits entre clans pour l’honneur ou de nouveaux territoires, les grands puissances voisines (les russes…) qui affirment davantage leur autorité... Et il y a également cet anthropologue occidental, curieux et détonnant, qui va de village en village, recueillir savoir et traditions des différentes tribus, mais dont on ne connaît pas exactement le but…

Ce manga séduira même les plus réfractaires au genre par sa beauté… A mettre entre toutes les mains ! ^_^ (ce n’est pas pour rien qu’il a reçu le Fauve d’Angoulême 2012 pour le prix intergénérations).
Rage et désespoir, seuls 3 volumes sont pour l’instant sortis, en France comme au Japon, et le 4ème n’a pas de date de sortie prévue… (c’était sympa de finir le tome 3 avec du suspens hein !)

bride_stories_image1.jpg

mercredi 22 février 2012

Petites lectures de bibliothèque n°1

Un des problèmes de mon formidable métier (similaire à celui des libraires je pense) (enfin c'est pas VRAIMENT un problème, lire c'est quand même pas une torture xD), c'est que souvent je dois faire l'impasse sur mes lectures personnelles. D'un côté j'ai une liste à n'en plus finir de livres de SF/fantasy qui me font de l'oeil depuis des mois, et de l'autre j'ai le chariot qui trône à côté de mon bureau. Et sur ce chariot, des dizaines de bouquins de littérature jeunesse, expédiés par notre ami libraire tous les mois. Ce sont les dernières nouveautés en romans et en contes, que l'on se repartit entre collègues pour les lire et les chroniquer. Cela permet de nous en faire une idée avant de les acheter. Ces bouquins, autant vous dire qu'on ne les lit pas au boulot, mais sur notre temps libre... Ce n'est pas déplaisant en soi, puisqu'on découvre plein de jolies choses. Mais d'un autre côté, on n'a plus le temps pour nos lectures personnelles, des lectures plaisir choisies par nous et pour nous xD
J'ai lu à peu près une dizaine de livres ce mois-ci, mais j'ai retenu ceux qui m'ont le plus plu ^_^ (parce qu'on ne lit pas que des trucs biens, et si je devais parler de tout, on s'en sortirait pas !) (enfin moi surtout)

geant_gigot.jpgLe géant et le gigot - Christian Oster
Il était une fois dans une forêt un géant qui ne mangeait que du gigot, un bûcheron des betteraves, et un rat de la raclette... Et oui, dans cette forêt, les habitants ne peuvent manger que des aliments qui correspondent à la première lettre de leur nom,,, pour le meilleur et surtout pour le pire. Le géant en ayant marre du gigot, il demande à une fée de le transformer en lutin, comme ça il pourra manger du lapin, ou même du loup ! Mais, le loup, lui, il a du lutin dans son régime alimentaire... ça va coincer ! Entre allitérations et jeux de mots, une première lecture loufoque et drôle !
L'école des loisirs, 2011


enfant_renne.jpgL’enfant, le renne et le loup - Sabine Du Faÿ, Nicolas Duffaut
Clair de lune est un petit garçon de la tribu tsaatane, un peuple nomade vivant dans la taïga de Mongolie, et dont le nom signifie « ceux qui chevauchent les rennes ». La tradition veut que chaque enfant tsaatane se choisisse un compagnon parmi le troupeau, avec lequel il grandira de concert. Clair de lune choisit un jeune renne tout blanc, avec lequel il va très vite se lier d’amitié. Une nuit, le hurlement d’un loup près du campement oblige le père de Clair de lune à quitter le tipi avec son fusil. Ne le voyant pas revenir, sa mère inquiète envoie son fils à sa recherche…
Le texte est très sobre, et l’action très linéaire. L’intérêt est plutôt dans les illustrations, d’une grande douceur. Duffaut arrive très bien à rendre ces grands paysages blancs, vastes et glacés, seulement peuplés de quelques conifères. On sent presque le vent chargé de flocons, que doit affronter Clair de lune lorsqu’il part à la recherche de son père (qu’il retrouvera, bien sûr !). L’hostilité de cet univers est contrebalancée par des touches de rouge et d’orangé, des scènes de vie dans le tipi, qui relèvent le tout, nous réchauffant de leur chaleur accueillante. Un très bel album, dépayssant à souhait !
Seuil jeunesse, 2011

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